L’appel à un renouvellement de l’enseignement de l’éthique, à la fois comme discipline à part entière et comme démarche devant irriguer l’ensemble des enseignement des business schools fait écho au rapport réalisé par la Carnegie Foundation en 2011 et publié par Anne Colby, Thomas Ehrlich, William Sullivan & Jonathan Dolle sous le titre Rethinking Undergraduate Business Education.
Pour les auteurs du rapport, les programmes de formation en gestion ont tendance à suivre une approche instrumentale dans laquelle, les étudiants, les professeurs et les responsables pédagogiques apprécient les cours au regard de leurs apports potentiels et directs pour les futurs employeurs. Ainsi, les enseignements ayant trait aux humanités, à l’art ou à l’éthique sont la plupart du temps vus comme annexes, voire comme une perte de temps. Bien que la plupart des responsables et des enseignants s’accordent sur la nécessité pour les étudiants d’avoir une vision du monde riche et plurielle, peu de programmes offrent une place importante aux disciplines non « techniques ». De plus, si beaucoup de managers haut placés mettent aussi en avant cette nécessité, les auteurs constatent que les middle managers abondent beaucoup moins dans ce sens et tendent à vouloir recruter des étudiants immédiatement opérationnels.