Introduction générale : Qu’est-ce que l’épistémologie ?
Présentation générale du cours. Définition de l’épistémologie avec Bertrand Russell (1897) et Jean Piaget, 1970) et des termes connexes : la croyance, le savoir et la vérité avec Emmanuel Kant (1781) et Charles Peirce (1878). Discussion autour de la notion d’obstacle épistémologique (Gaston Bachelard, 1934) et du point de départ de la recherche (Karl Popper, 1979).
Développements sur la question du problème. Retour sur le fait qu’ « il n’y a pas de savoir sans problème » (Popper, 1979) et donc qu’ « il faut savoir poser des problèmes (car) les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes » (Bachelard, 1934). D’ailleurs, pour Weber (1917), la science « fait de ce qui est évident par convention un problème » et Dewey (1938) considère que « l’objet et les procédés scientifiques naissent des problèmes et des méthodes directs du sens commun ». Analyse du Tableau 1 de Maguire & Hardy (2013, p. 237) pour qui la problématisation « souligne la reconnaissance réflexive d’insuffisances potentielles de la connaissance, de discontinuité dans les activités organisationnelles, et du recours à la délibération ouverte comme base de l’action » (p. 240). Retour sur Karl Popper (1979) pour qui « tout problème surgit par la découverte que quelque chose dans notre savoir supposé n’est pas tout à fait en ordre ». Échanges autour d’une difficulté inhérente : La problématisation remet en cause les conceptions dominantes du statu quo et est donc souvent accusée de « politisation » et de « rendre difficile la construction d’un consensus » (Hardy, Maguire & Power, 2020).
L’épistémologie comme travail épistémique. Définition de l’épistémologie comme un « travail épistémique » au sens d’Alain-Charles Martinet (2014). Distinction entre les niveaux ontologique, épistémologique et méthodologique du travail épistémique à partir d’Émile Durkheim (1894) et affirmation de son importance avec Bourdieu, Passeron et Chamboredon (1983). Analyse critique des représentations traditionnelles des paradigmes épistémologiques (dans le cas des Sciences de gestion). Conclusion avec la définition de l’épistémologie comme « une enquête sur l’enquête » avec Rémi Jardat (2024)
Les vertus épistémiques
Définition des vertus épistémiques comme « des vertus qui guident la façon dont nous traitons l’information, formons des croyances et acquérons des connaissances » (de Bruin 2013). Liens entre vertus et vices épistémiques autour de la notion de responsabilité épistémique entendue par Erwan Lamy (2023) comme « comme l’obligation de rendre compte d’une faute épistémique présumée (c’est alors une « accountability »), puis comme la disposition à en rendre compte (cela devient alors une « responsibility ») ». Discussion de la liste restreinte de Montmarquet (1987) : impartialité, courage intellectuel et communauté intellectuelle.
Humilité et impartialité
Retours sur les notions de connaissance et de vérité chez Emmanuel Kant (1781) et Charles Peirce (1878). Questions et débats autour de la scientificité des énoncés scientifiques. Présentation du problème de la démarcation et du critère de réfutabilité (Karl Popper, 1935). Discussion de la définition de Karl Weick (1989) d’une théorie comme « un ensemble ordonné d’affirmations » dont les hypothèses sont vérifiées et prouvées, la rendant alors « plausible ».
Introduction des notions de vérisimilitude chez Karl Popper (1972), puis de paradigme (Kuhn). Articulation avec l’impératif corolaire d’humilité et modestie dans le travail de recherche.
Introduction de la notion d’imagination disciplinée (Karl Weick, 1991). Questions et débats sur les tensions entre la recherche d’un critère de démarcation pour la science et le besoin souplesse de l’esprit scientifique en revenant à Gaston Bachelard (1934). Présentation de la notion de neutralité axiologique (Max Weber, 1917). Articulation avec les impératifs d’impartialité et d’objectivité : apports et limites.
Curiosité et ouverture
Critique des notions de réfutabilité et de paradigme (Feyerabend). Développements sur les aspect dynamiques et formatifs de l’esprit scientifique (Bachelard). Introduction de la notion de sérendipité et exemples historiques. Articulation avec l’importance de la curiosité et de l’ouverture.
Bienveillance et intégrité
Présentation de l’émergence progressive de l’idée d’une éthique de la recherche : origine historique, développements et dérives. Introduction des principes fondamentaux d’une éthique de la recherche bienveillante : respect, bienfaisance et justice. Présentation de Nicolas Aumonier sur l’intégrité scientifique.
Conclusion générale : le courage de la vérité.